Les Affiches Lyonnaises :

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Raphaël Armand fait la lumière

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Les affiches lyonnaises
Hotel Hatier Art Deco France Saint Etienne

Par Philippe JAYET

Si la réputation de Lyon a fait le tour du monde en matière d’éclairage, les projecteurs sont souvent tournés vers des entreprises de taille aujourd’hui internationales. Loin des budgets colossaux comme de l’organisation de tels chantiers, Raphaël Armand travaille seul sur un concept basé sur une ligne directrice : "rétablir le lien incontournable entre la géométrie de l’architecture et celle de la lumière électrique". La démarche, le projet et la réalisation devant s’adapter aussi bien à l’échelle d’un bâtiment qu’à celle de la maison d’un particulier.

Dernier challenge en date, la rénovation de l’« Hôtel Hatier de Saint-Etienne dit aussi l’Hôtel Subit-Gouyon », du nom des deux architectes de cette bâtisse remarquable construite dans le second quart du XXe siècle. Longtemps abandonnée, voire partiellement rénovée, elle est l’orgueil des rues de la Richandelière et des Trois-Jaley. Si les appartements ont été remaniés, le décor d’origine, de style art-déco, du hall est lui aussi fort heureusement bien conservé pour ce bâtiment à vocation aujourd’hui évènementiel, cela dès sa réouverture dans le premier semestre 2012. On note même un bas-relief sur le fronton, signé du sculpteur Joanny Durand. Reste que l’éclairage d’origine a lui disparu depuis fort longtemps et qu’il fallait donc redonner à l’ensemble le lustre d’antan sans erreur d’appréciation. Rompu aux lignes pures de ce style des années 1930, Raphaël Armand a donc repensé totalement tous les éclairages de ce hall, puis dessiné et réalisé dans le style "paquebot" pas moins de douze pièces en conformité avec le caractère structurant et épuré de l’architecture des lieux. De 30 à 50 heures de travail sont nécessaires sur chaque luminaire, le tout accompagné d’un cahier des charges très strict imposé par lui-même. Interdiction de toute pliure au bénéfice de soudures invisibles sans omettre pour autant l’accessibilité facile au changement d’ampoule. "Si cela peut paraître simple sur le papier, c’est une toute autre histoire quand on se penche de près sur le défi. Le cheminement est long, mais le résultat final procure une intense satisfaction de son travail".

Pas de pièces standards inscrites au catalogue, mais un travail spécifique en amont intégralement lié à l’architecture des lieux. Antiquaire de formation, spécialisé dans les luminaires d’époque art-déco, Raphaël Armand se définit aujourd’hui comme l’hybride entre un artiste et un architecte de la lumière, dont le but avoué est la création et la fabrication d’appareils d’éclairage dans le respectdes proportions et du style. Le travail est bien sûr et l’influence des maîtres en la matière, que furent les architectes Robert Mallet-Stevens, Josef Hoffman, Le Corbusier ou Tony Garnier, omniprésente. La recherche d’archives est une quête de tous les jours pour cet habitué des Puces du Canal et des salles des ventes et chiner une pièce d’époque référente constitue une véritable chasse au trésor. Son but : développer dans les années à venir ces projets de réhabilitation en matière d’éclairage, qu’ils se présentent sur des bâtiments historiques comme chez des particuliers. Bon nombre de villes françaises et européennes comptent encore un patrimoine important d’immeubles typiques des années 1930, d’où le potentiel encore à explorer. Que la lumière soit !

« Mars 2009

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