LA RESTAURATION, UNE IMMERSION
54 ans après la première mise en service, Raphaël Armand engage les travaux de restitution de l’éclairage. Fidèle au projet initial, il fait revivre la salle à manger telle qu’imaginée par Pierre Paulin. « Aborder cette remise en lumière a été d’abord une véritable immersion dans l’univers de Pierre Paulin, dont la vision tridimensionnelle nous transporte au-delà du temps et des conventions habituellement associées à une intervention de restauration d’un système d’éclairage ».
HISTORIQUE DU SALON PAULIN
GEORGES POMPIDOU
En 1972, le Président Georges Pompidou commande à Pierre Paulin un décor pour les appartements privés du Palais de l’Elysée.
D’une surface d’environ 70 m2, le salon est situé à l’emplacement de l’ancienne chambre de Napoléon III. Il fait partie d’un ensemble de trois pièces : la salle à manger, le vestibule et le cabinet de toilette dont le décor moderne des années 1970 subsiste au Palais.
ŒUVRE D’ART TOTALE
Designer et créateur emblématique de l’après-guerre, célèbre pour ses sièges monocoques iconiques d’inspiration scandinave, Pierre Paulin se révèle architecte d’intérieur. Le salon Paulin devient un espace modulaire ou le mobilier, les murs et le plafond forme une œuvre d’art totale utilisant les matériaux innovants de l’époque, tels que l’aluminium, le polyester et le verre. Le décor est conçu comme une structure murale autoportante, permettant une installation réversible.
DESCRIPTION
La structure murale est composée de 22 panneaux en polyester moulé.
Le mobilier, inspiré des techniques développées pour les vaisseaux spatiaux, est fabriqué en aluminium coulé recouvert par projection plastique.
Le lustre magistral déploie 9 000 cannes et billes de verre qui s’étendent sur toute la surface du plafond.
Le luminaire d’origine est constitué de 57 lampes halogènes de 500 W chacune (ou lampes à iodes) qui envoient le flux lumineux nécessaire pour l’éclairage indirect des cannes de verre.
LAMPE A IODE
Libre d’exprimer toute sa créativité, Pierre Paulin développe un système d’éclairage innovant, composé de lampes halogènes (ou lampes à iode). Sans lentille optique, le luminaire est totalement ouvert et a pour fonction de projeter la lumière à son maximum d’intensité grâce à la platine en aluminium du plafond. Une technique simple qui permet d’optimiser au mieux les facultés de la lampe halogène.
TOUT EST DÉTAIL
L’étude et les multiples interventions ont révélé à quel point Pierre Paulin a poussé son ingéniosité, faisant appel à son sens artistique, son sens de l’avant-garde, avec la technologie de pointe de son époque. « Chez Paulin, rien n’est laissé au hasard, tout est détail, chaque élément vient apporter une cohérence à l’ensemble. On retrouve cette ingéniosité dans l’agencement du mobilier : l’architecte place 2 tables rondes en dessous des 2 grands puits de lumière du plafond. Cette disposition détermine l’éclairage du centre que l’on peut considérer comme la « Nef » de la pièce ».
SOURCE NOMINALE
En 2025, les lampes halogènes n’étant plus produites, Raphaël Armand conçoit une source de lumière proposant des capacités optiques très proches de l’historique avec les avantages économiques et sécuritaires de notre temps. La nouvelle lampe (source nominale) reprend les principaux aspects et caractéristiques de celle créée par Pierre Paulin, tout en composant avec les avancées technologiques d’aujourd’hui : économie d’énergie, LED, normes de sécurité, peu d’échauffement, robustesse, durabilité